Lettres d'une jeune poète

Blog épistolaire

13 janvier 2008

De choses et d'autres

Chère Lily,

Je me demande bien qui est ce mystérieux correspondant.

J'espère qu'il ne portera pas préjudice à ton âme soeur qui t'aime tant et m'a souvent confié la crainte de te voir la délaisser.

Maintenant, je sais qu'il n'est pas aisé de répondre à tes exigences en te répondant rapidement et de manière conséquente. Tout le monde n'a pas le goût des liaisons épistolaires comme toi.

En cela, ça ne m'étonne pas que tu t'attaches à des figures comme Virginia Woolf, Elsa Triolet ou Alma Mahler dont les correspondances étaient fournies. Le mail n'en est jamais que le descendant. Mais tout de même tu pourrais nous en parler sur ton blog. ;)

Je trouve également dommage cette paresse et ce manque de confiance qui t'empêche de te lancer dans l'écriture. Depuis le temps que tu as des romans en chantier, il serait bon que tu sois moins exigeante et enfin que tu te lances. Je crois que suffisament de gens t'ont prouvé aimer ton style.

De mon côté, j'aime à croire que mon projet professionnel avance. Mes leçons de conduite se font plus régulières et je n'attends vraiment plus que mon permis pour me rendre sur place et effectuer une formation créateur d'entreprise. Si tu savais comme j'ai hâte d'avoir un peu de concret à me mettre sous la dent. D'autant que j'ai toujours la hantise d'envoyer valser mes supérieurs tant je me désintéresse totalement de mon travail. Et franchement je déteste être aussi peu qualitative dans mon job.

Sur le plan personnel, les choses n'évoluent pas non plus. Les mêmes non-dits, des sourires échangés mais on ne s'hasardera pas à parler de mon déménagement. Là encore ce n'est pas assez palpable. En revanche, Alphonse s'est rebellé. Il aura eu le mérite de me faire rire. Je crois que rien n'est plus risible qu'un homme qui revient sur la parade amoureuse qu'il a exécuter. L'orgueil est quelque chose de magnifique. Il aurait fait renier à Roméo ses vers les plus enflammés, si Juliette s'était montrée aussi chaste que Rosalie...

Enfin si je ne suis pas aussi arrêté que toi sur les battements de mon coeur, je ne compte pas partir en quête d'un amour absolu. Je n'ai plus envie de courrir et de ramper, je l'ai trop fait.

De toutes manières dans quelques temps je me noierai dans le travail et avec un plaisir qui me comblera bien plus que les câjoleries d'un homme.

Donne moi de tes nouvelles rapidement,

Engell

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12 janvier 2008

De louve à loup

Cher A.,

Tu m'as écrit il y a quelques jours "Donc oui dans un sens je suis un grand admirateur de ta plume, et je me demande si dans tout ces textes que tu as rédigé il y a eu un moment ou je fus ciblé pour une ânerie que j'ai faite ou autre. C'est une question comme ça, rien de spéciale, je m'interroge car je me demande ce qui te donne parfois envie de rédiger sur un tel ".

Ces quelques mots m'ont fait sourire et je me suis dit qu'en effet, je ne m'étais jamais laissée aller à écrire sur toi.

Pourtant ce ne sont pas les choses à dire qui manquent.

Je crois simplement qu'il y a des gens qui prennent des allures de constantes rassurantes dans mon existence. Ce sont mes zones de douceur, de réconfort et je n'éprouve pas le besoin de les exposer.

Mais ils sont ma lumière celle dont j'ai besoin pour mettre à jour mes parts les plus obscures, les plus tristes aussi.

C'est d'ailleurs les mots qui reviennent le plus souvent lorsque mon quotidien vient s'encainailler du côté de ma prose. Il y a ce désir de ne pas récidiver dans ces zones de haute mer où les lames de fond broyent cette vision traditionnelle qu'on a de moi : la fille aux éclats de rire.

Je crois dans le fond que je suis un clown triste, tu sais ceux dont on part le visage de blanc et de gris en traçant sous l'oeil une larme. Si je m'hasardai à un tatouage faciale, ce serait assurément les courbes déchainées d'une coulée lacrymale agrémentée d'un cristal suspendu. Mais ce serait être bien trop franche et le clown se doit dans son spectacle de dérouter l'enfant assis au premier rang.

Je divague une fois de plus bien loin du sujet d'origine...Si j'étais une louve, assurément tu serais de ma meute, emboitant chacun de mes pas, le regard inquiet mais jamais inquisiteur. Tu resterai tout près à cette place qu'on ne sait jamais vraiment définir. Nous ne sommes pas de la même porté, les liens du sang n'ont pas coulé sur nos mots. Juste cette appartenance à une même vision de l'existence et une affection sans borne.

Je sais que jamais tu ne m'outrageras et cette certitude est inestimable quand on a tant subi les affres du désir et de la possession malsaine.

Tu sais en moi la femme torturée, l'enfant solitaire et l'amie fidèle. Jamais je n'oublierai la manière dont tu m'as laissé partir pour suivre une autre voie que je pouvais plus facilement assumer. Jamais je n'oublierai que tu m'aimais assez pour cela. Je ne croyais pas qu'il existait sur terre, un homme capable de ce genre de sacrifice.

Le temps qui passe est un mortier qui consolide toujours plus les bases de notre amitié. Je n'ai pas peur qu'il nous sépare, je sais que les choses ne changeront pas entre nous. Constante rassurante de mon existence. Loup de ma meute.

Malgré ton nom, je n'ai jamais pu qu'exprimer mon affection en murmurant "mon néo". Le son qui contient, abrite une force dans laquelle je peux puiser.

Car comme je te l'ai dit, si j'avais un cadavre à enterrer, je sais que sans aucune question tu m'y aiderais. L'idée d'une quelconque trahison ne pouvait même effleurer mon esprit. Je n'ai aucun doute sur ta loyauté.

J'écris sur mes failles, sur mes peurs, mes dégoûts et tout cela est Intrinsèquement lié à mon rapport aux hommes. Cette étrange relation malsaine dont je ne parviens à me dépaitre. Mais comment écrire sur toi quand tu défies si bien mes hantises en me démontrant qu'il existe un homme sur terre en qui j'ai entièrement confiance ? Comment poursuivre à cracher ma rage, ma frustration quand je sais qu'il y a des bras qui sont prêt à m'accueillir sans profiter de cette proximité pour violer mon épiderme ?

Tu vois mon Néo, tu es dans ma lumière et de ça, comme de mon âme soeur, j'évite de parler. Parce que la beauté qui émane de vos âmes sont des trésors que je veux garder vierge de tous regards.

Tendrement,

Lily

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11 janvier 2008

A croquer...

Alphonse,

Je ne m'attendais pas à tant de discernement de votre part.

Me voilà agréablement surprise...En effet, vous m'avez bel et bien perçu à jour : Je suis une dinde.

Force est de constater que vous ne serez pas resté longtemps le dindon de la farce.

Tendrement,

Engell

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10 janvier 2008

Droit de réponse

Chère Engell,

Je suis outré par le courrier que vous avez publié. Je le trouve diffamatoire au possible. Assurément vous vous montez la tête. Si vous croyez qu'à un seul moment mes pensées à votre égard ont été grivoises, c'est vous prêter des charmes que vous n'avez pas.

Quant à votre folie qui vous pousse à vous multiplier un peu partout sur la toile, je n'ose songer à la psyché perturbée dont elle est le pâle reflet.

Vous auriez le corps d'une Monica Belluci (ce qui est bien loin d'être le cas) que je ne m'hasarderai pas plus à vous fréquenter intimement.

Mes lettres n'étaient que l'expression d'un sentiment respectueux et intéressés face à votre écriture.

Je réalise aujourd'hui combien j'étais aveuglé par des effets de style qui ne sont jamais qu'apprentissage scolaire mis en application avec autant d'émotion qu'une dinde.

Cordialement,

Alphonse

Posté par Engell à 08:08 - Lettre aux hommes - Commentaires [2] - Permalien [#]

09 janvier 2008

Quelques nouvelles

Ma chère Engell,

Je suis navrée de t'avoir causée du soucis, franchement je ne le voulais pas.

Il y a des périodes dans la vie où on ne sait pas faire autre chose que regarder le temps vous glisser entre les doigts.

Ton oiseau se laisse en effet emporter par le courant et il espère avec un peu de chance échoir en bord de mer.

Le soleil, l'iode m'est nécessaire et je ne m'en suis pas rassassiée ces dernières années.

Période de flottement, de transition où tout semble se figer. Si j'appréhende un peu les grands changements que je planifie pour 2008, je ne me satisfais pas

de cette lenteur. Mais il m'est impossible d'influer plus sur le cours du temps. Et mes sentiments hibernent aussi...Alors comment te les dire ?

Amoureuse...Tu me fais sourire. C'était l'idée non ?

Tu sais bien que je ne sais plus vivre ce genre de choses...Quand bien même le coeur s'élance, je sais aujourd'hui que le temps prendra un malin plaisir à ôter ses couleurs, à défigurer le fruit de mes amours. Et je n'y tiens pas. Je ne suis pas certaine de survivre à de nouvelles desillusions.

Une passion ? Je suis passionnée tu le sais, et par tout...Pour le moment, je me perds dans la lecture et la création de roman que je n'écrirai probablement jamais. Je dois également reconnaitre que je passe beaucoup de temps dans mes échanges épistolaires. Une fois de plus, je te suis infidèle. Tu connais mon inconstance et pour le moment mon correspondant ne se laisse pas intimider par le flots conséquents de mes mots.

J'ai envie de te parler de Virginia Woolf, de Vanessa Bell...Je me perds dans leur univers, engloutissant biographie sur biographie, bien incapable de t'expliquer pour cette famille me passionne. Un siècle exacte sépare nos naissances. Cent années que je ne vivrai probablement pas...

Voilà un peu de lumière dans ta nuit ma douce Engell. Prends soin de toi, moi je suis bien incapable...

Ta Lily

Posté par Lilylune à 07:07 - Lettre à Engell - Commentaires [2] - Permalien [#]